Historique et MÉcanique

Ça commence par un rire. « C’est drôle ça, pourquoi ce nom, la Bagnole ? » Alors Jennifer explique qu’elle a vu une vieille voiture passer devant la vitrine du centre commercial où elle rêvassait justement à sa future maison d’édition et que, vu qu’elle aime bien les voitures depuis toujours à cause de son grand-père qui en avait plein la cour et de son père qui était fier de la sienne, elle a pensé que ça y était, qu’elle avait trouvé le nom rigolo qu’elle cherchait.

On ne rit plus, là, on est sérieux : « Pourquoi fonder une maison d’édition ? Vous n’aviez rien d’autre à faire ? » Là c’est Martin qui répond, pas sérieux, lui, pour deux sous : « On cherchait une activité à faire ensemble. On a d’abord pensé à la danse sociale, puis l’idée de fonder une maison d’édition nous est venue. Ça nous semblait moins compliqué. »

Vient toujours le moment où l’écologiste s’en mêle : «Mais c’est une très mauvaise idée, ça, la Bagnole ! Qu’est-ce que vous faites de l’écologie, de l’environnement, de la pollution ? Vous y avez pensé à ça ? » Jennifer ne rit plus du tout. « La voiture aurait beau disparaître demain matin de la surface de la terre, elle resterait dans notre imaginaire ce symbole de liberté qu’elle a toujours été. La voiture, c’est la promesse d’un pique-nique en famille, d’une balade en amoureux, d’un bord de mer au coucher du soleil. C’est la musique à la radio, la première cigarette, peut-être le premier baiser. Cette Bagnole, la nôtre, elle est symbolique, mon ami. Il ne faudrait pas oublier que les livres ne roulent pas. Ils ne consomment pas non plus de diesel… Y a-t-il d’autres questions ? »

Bonne visite sur le site de la Bagnole.
Tous vos commentaires nous ravissent.


Jennifer Tremblay

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